L’aveu

« Rassurez-vous chères sœurs, il est impossible que cette femme acquière sa clef, s’immisça Gormo, le dieu des cycles. La créature y veillera. Oui, elle veillera à couper court au problème posé par cette obscure guerrière.

– Tu es crédule. »

Mirta, la déesse de l’art, refusait de croire que tout se jouerait avec pareille facilité.

« Cette Mazy s’est trop privée de délicatesse pour mourir de la sorte, s’amusa-t-elle, amère. Sa brutalité l’a guidée jusqu’ici, je doute que le cerbère de ce cher faiseur de clefs suffise à la persuader d’oublier toute cette histoire.

– Je suis d’accord, l’appuya Faraky. Cette femme joue plus que sa vie. Elle parie sa force, celle que lui procure sa flamme pour Ourkess. Mazy saura se débarrasser de la créature. Et croyez-moi, sa victoire affirmera sa faim.

– Alors quoi ? s’emporta Gormo. Vous prêchez de la laisser poursuivre sa route ? Jusqu’à pouvoir s’élever !

– Calme-toi ! »

La voix d’Armouth, le dieu de la mort, précéda le bruit de ses pas sur les dalles du temple. Resté coi, le groupe formé par ses frères et sœurs le regarda approcher.

« Je puis vous le dire, la créature protectrice a succombé, Mazy l’a… massacrée. Sa relique sera, d’ici peu, à elle.

Armouth laissa les autres qui vociférer, qui admettre la vérité, qui souffler sa lassitude. Puis :

« Elle reste malgré cela la guerrière qu’elle est. Certes mieux armée, mais surtout simple femme. Il lui faudra triompher de multiples étapes pour espérer rallier les dieux. Elle va devoir se révéler estimée de tous, désirée, priée. La suite va être capitale pour elle, ses choix, cruciaux. Toutefois, poursuivit-il pour couper court aux appels, ce qu’il faut savoir, c’est qui lui a appris où trouver sa clef.

– Je crois que cette fois, c’est pour moi. » déclara Garguyme, affalé à sa place habituelle.

Il s’étira avec délice, puis ouvrit les yeux sur quatre visages assombris par sa secrète complicité. Le Capricieux se leva, comme si la paix le couvrait, et sourit aux autres immortels.

« Que voulez-vous, je suis comme ça. L’histoire de cette petite m’a émue.

– Toi ? s’exclama la déesse de l’art.

– Tout à fait ! Et pourquoi pas ?

– La pauvre, souffla Faraky.

– Comment ça ? s’offusqua Garguyme, joueur. Moi aussi je peux désirer aider les autres. Voilà ! Je vois vos regards… et je suis d’accord avec vous, admit-il. Mais sachez que si je me suis permis d’agir, c’est parce que j’étais le deuxième à le faire. Pas le premier. Ou la première, d’ailleurs. Aaaah, les histoires d’amour. » glissa-t-il, fier de lui-même.

Démasquée, Faraky baissa aussitôt les yeux.

« Mais c’est promis, je m’arrête là. Et puis, comme tu l’as dit, Armouth, le reste découlera de ses choix. »

Tout sourire, il salua ses frères et sœurs, désormais focalisés sur la faute de la déesse de l’amour.

 

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